Règles du jeu

BOUM! Et tout s’explique…

Pas de gagnant. Pas de perdant.

Un seul but : ouvrir les portes de votre imaginaire.

Explorez des mondes étranges, découvrez des choses incroyables, faites des rencontres extraordinaires, vivez des phénomènes surréalistes et expliquez l’inexplicable avec un aplomb délirant.

Pourquoi les yaourts sont en train de chanter ? Comment un cube peut se déplacer tout seul ? Pourquoi une dame avec des feuilles de salade sur la tête vend des ballons remplis d’eau chaude ? Comment un grenier peut-il déboucher sur une plage de sable fin et gris ? Et pourquoi tout le monde se met à hurler « Dernier cri ! » au lever du soleil ?

En tant que spécialistes de l’étrange, vous devez explorer l’inconcevable et détecter les vraies anomalies.

Alors enfilez votre rôle d’Explorateur ou de Décrypteur, piochez quelques cartes et naviguez ensemble vers ces contrées inexplorées qui prendront vie grâce à vous, uniquement pour le plaisir d’y croire, d’improviser, de rêver et de passer ce moment avec quelqu’un qu’on aime.

🎲 À quoi ça ressemble ?

  • Des cartes qui sont de véritables détonateurs d’imaginaire.
  • 2 joueurs minimum (ou plus si vous êtes une secte).
  • De 5 minutes à toute une vie, selon votre niveau de théâtralité et de passion.
  • Aucun prérequis, sauf l’envie de penser plus loin et plus haut.

🌀 Ce jeu n’est pas une compétition, mais un duel d’imagination !

BOUM ! est une joute oratoire entre l’inconnu bizarre et l’explication normalisante. L’Explorateur met le Décrypteur au défi d’expliquer l’irrationnel en semant des éclats d’étrangeté ; le Décrypteur, lui, tente d’en tirer des fils logiques et de faire retomber l’inconnu extraordinaire dans le connu banal.

La rivalité qui oppose les joueurs est bienveillante ; elle se nourrie d’une friction créative où chacun·e tente d’avoir le dernier mot et de clore le mystère.
BOUM ! repose sur un déséquilibre sensoriel et cognitif volontaire.
Un joueur ressent sans comprendre ; l’autre comprend sans rien sentir. Ensemble, ils construisent un monde au bord du précipice qu’est la normalité.

À emporter partout, à jouer quand vous voulez, comme vous voulez !

À vous de décider ce que vous allez vivre…

Les rôles des joueurs

L’Explorateur est l’agent sensoriel de l’étrange.
Il observe, ressent et décrit sans nommer les choses et sans donner d’explications. Il incarne les 5 sens humains purs, c’est-à-dire sans compréhension ni interprétation conceptuelle.
Les cartes que vous tirez sont des clés d’imagination. Elles suggèrent sans jamais imposer de sens. Vous êtes libre d’inventer ce que vous voulez autour d’elles — tant que vous restez dans la description et que vous opérez ce glissement du banal vers l’étrange.

Votre mission

  • faire deviner les lieux et les anomalies au décrypteur ;
  • faire naître le doute, une inquiétude sourde, un vertige léger mais persistant.

Gardez pour vous ce que vous lisez sur la carte : c’est votre cadre secret.
Décrivez vos perceptions, pas vos interprétations.
Faites deviner ce que vous vivez.
Introduisez progressivement l’étrange dans les situations en apparence normale.

Quand le Décrypteur vous interroge :

  • Parlez de lumières, textures, sons, odeurs, sensations physiques, etc.
  • Ne dites jamais où vous êtes, ce que vous voyez ni à quoi vous pensez faire face.
  • Laissez le Décrypteur comprendre et donner du sens à vos sensations.
  • Si son interprétation ne correspond pas à ce à quoi vous pensiez initialement, adaptez-vous. Le récit du R.E.S.E.T. se bâtit à plusieurs.

Cartes Anomalies

Quand une anomalie est tirée, faites-la émerger lentement :

  • Commencez par l’ambiance et le contexte de découverte.
  • Introduisez un détail étrange, un comportement impossible, un phénomène indescriptible.
  • Ne cherchez pas à le nommer : décrivez ce que vous voyez, touchez, entendez.
Exemple

Vous tirez une carte Lieu qui évoque un cirque.
Ne dites pas : « Je suis dans un cirque. »
Dites plutôt quelque chose comme : « Je me trouve dans une grande pièce circulaire avec beaucoup de personnes autour de moi. Nous sommes tous assis sur des sortes de bancs en bois et en métal. Je vois une structure métallique qui monte jusqu’au plafond, et le plafond est en fait une sorte de toile tendue… Il fait sombre, mais de la lumière provient du centre de cette pièce circulaire. Là, je vois une sorte de scène avec du sable. Je sens une étrange odeur de barbe à papa et de pop-corn. Des enfants agitent des objets lumineux. Il y a aussi des personnes qui semblent humaines, avec des vêtements étranges. Ils se tiennent au milieu de la scène, etc. »

Comment interpréter les cartes ?

Toutes les cartes que vous tirez ne sont pas des indications ni des règles irréfragables, mais des exemples, des indices narratifs, des supports à partir desquels votre récit, en collaboration avec le Décrypteur, va se construire. Elles ne sont pas là pour vous imposer un cadre, mais pour vous guidez dans une ambiance ; pour déverrouiller les portes de votre imaginaire.

Lorsque vous tirez une carte Lieu, regardez-la et gardez cette indication pour vous : elle vous servira de support narratif et imaginatif à la mise en situation. Lorsque le Décrypteur vous demandera si vous êtes bien arrivé sur les lieux suspectés d’être anormaux, décrivez-lui en détail où vous êtes sans jamais le mentionner explicitement. C’est le Décrypteur qui devra rationaliser ce lieu en vous disant où vous êtes exactement. Si ce qu’il dit ne correspond pas à votre carte situation, cela n’a aucune incidence sur le reste de votre récit.

Lorsque vous tirez une carte Anomalie, procédez de la même façon que la carte Lieu : ne nommez pas directement l’objet ou la créature, sauf si vous êtes sûr de le reconnaître. Pour les choses ou les créatures inconnues, ne les nommez pas, décrivez-les et laisser le décrypteur leur donner un nom et une explication.

Commencez toujours par décrire le contexte général en vous aidant de l’un ou de plusieurs de vos 5 sens : je suis à tel endroit, je vois telle chose/créature, je sens telle odeur, je ressens telle sensation, j’entends tel son, ça a tel goût, etc.

Les anomalies peuvent apparaître avec des éléments de contexte qui indiquent un lieu décousu par rapport à la situation, liée à la carte Lieu, que vous avez annoncée au décrypteur : attention, cela ne signifie pas que avez bougé ou quitté le lieu initial, vous êtes toujours au même endroit, mais… l’anomalie apparaît dans tel contexte — c’est au Décrypteur d’y trouver une explication crédible !

Exemple

Si la carte Lieu tirée indique que vous êtes dans un grenier et/ou que le décrypteur a dit que vous étiez dans un grenier, une carte anomalie peut très bien être entourée de sable et de vagues… À charge pour le décrypteur de vous expliquer pourquoi… Peut-être parce que le grenier est en fait construit sur une plage et qu’il a perdu un mur avec le temps ; ou peut-être est-ce l’anomalie qui génère du sable et des vagues ; ou peut-être qu’en fait vous n’êtes pas vraiment dans un grenier, mais sur une plage depuis le début, et cela s’explique tout naturellement parce que le grenier était en fait une forêt qui avait pris l’apparence d’un grenier ; ou peut-être que vous pensiez que c’était du sable et des vagues, alors qu’en fait c’est simplement de la poussière et un tissu qui ondule doucement au grès du vent permis par une fenêtre ouverte ; etc.

Ensuite, décrivez l’anomalie en elle-même en axant toujours votre récit sur des éléments descriptifs très détaillés et en suivant l’idée que les anomalies auront toujours une apparence banale et ordinaire ; ce n’est qu’en concentrant votre attention sur elles, que vous réussirez à vous apercevoir qu’il s’agit peut-être d’une anomalie.

Décrivez l’anomalie en l’introduisant de manière progressive dans votre narration : où est-elle exactement par rapport au lieu dans lequel vous êtes (au plafond, sur un meuble, suspendue dans les airs, cachée derrière un tas d’objets, etc.) ? Est-elle entourée par quelque chose, si oui, quoi ? Est-elle immédiatement accessible ou plutôt éloignée ? Mimez la découverte de cette anomalie et la façon dont vous l’avez aperçue la première fois et la façon dont, progressivement ou brusquement, elle change quand vous vous intéressez à elle. Prenez tout votre temps pour donner vie à cette anomalie et expliquer au Décrypteur en quoi elle a l’air d’abord normale, mais qu’il n’y a rien qui va quand vous l’inspectez avec vos sens et pourquoi : à cause de sa forme parfaitement inconnue, de ses couleurs, de sa nature changeante, de ses réactions, etc.

Expliquez en détail au Décrypteur comment cette anomalie semble doucement vous faire basculer vers l’irréel.

Droit au doute

Vous pouvez poser des questions au Décrypteur, et vous pouvez douter de ses explications — mais seulement si ces dernières ne dissipent pas l’inquiétude.

Ne débattez pas de leur crédibilité : ce qui compte, c’est qu’elles rassurent… ou troublent encore plus, mais avec panache.

Conseils narratifs

  • Appuyez-vous sur les cinq sens.
  • Repérez ce qui semble banal, puis glissez vers ce qui cloche subtilement.
  • Laissez du flou, de l’hésitation, du silence.
  • Ne nommez jamais directement les choses ou les rencontres.
  • Ne cherchez pas à interpréter : l’explication appartient au Décrypteur.

Le Décrypteur est l’agent de l’interprétation normalisante.
Face à l’inconnu, il ne panique pas. Il est le cerveau aveugle qui interprète et rationalise ce que l’Explorateur lui rapporte.

En effet, les humains ont cette incroyable capacité de tout faire pour trouver une explication rassurante à chaque phénomène vécu, quelle que soit la nature de l’explication. Le seul fait d’avoir l’impression de comprendre est rassurant.

Vous incarnez ce phénomène.

Votre rôle n’est pas de juger, ni de contredire l’Explorateur, mais de nommer les choses, de donner du sens, de traduire l’expérience en concepts connus, de convertir l’absurde en logique grâce à des hypothèses convaincantes — même farfelues — qui transforment l’étrange en phénomène maîtrisable.

Qu’elle soit scientifique, pseudo-scientifique, poétique ou parfaitement tirée par les cheveux, votre explication doit apparaître cohérente, rassurante et dite avec aplomb.
Si elle est dite avec assurance, alors votre explication devient plausible.
Et parfois, ce que vous affirmez se matérialise même dans le monde de l’Explorateur.

Vous êtes la voix de la raison, pas de la vérité.

Vos missions

  • Identifier ce que l’explorateur décrit (lieu, objet, créature, phénomène)
    Qu’est-ce que c’est vraiment ?
  • Nommer ce que vous percevez derrière l’expérience sensorielle.
    Donnez-lui une désignation claire.
  • Expliquer l’origine ou la cause probable des événements perçus.
    Pourquoi est-ce ici ?
  • Trouver une fonction, une utilité, une logique d’apparition aux étrangetés rapportées par l’Explorateur.À quoi cela sert-il ? Que fait-ce là ?
  • Rationaliser ce qui semble incohérent.Comment l’étrangeté perçue peut-elle être tout à fait normale, en réalité ?
  • Conseiller l’Explorateur dans la suite de son exploration
    Rassurez-le, guidez-le.

Interagir

Vous pouvez poser toutes les questions nécessaires à l’Explorateur pour clarifier ce qu’il voit, ressent ou entend. Ce dialogue vous aide à construire votre propre lecture de la situation.

Votre but n’est pas de nier son expérience, mais de la reformuler avec des mots qui domptent l’inconnu.

Et si vos mots sont convaincants, ils peuvent modifier le décor, altérer la situation, faire exister vos hypothèses dans la fiction.

Exemples d’explications

« Ce n’est pas une lumière flottante, mais sûrement un faisceau laser qui se reflète sur des particules en suspension. Regarde, il y a une caméra de sécurité avec un laser rouge, là bas »

Et pouf, la caméra de surveillance apparaît en jouant la carte apparition

« Tu n’es pas en train de marcher sur le plafond d’une cathédrale à l’envers, ce que tu vois ce sont les voûtes d’un ancien tunnel de métro effondré, le sol en pente et les murs déformés par l’éboulement doivent te donner une fausse impression de verticalité. »

« Oh, ne t’en fais pas pour cet étrange bourdonnement que tu me décris, c’est le bruit typique d’un transformateur mal réglé, ce qui est logique vu l’endroit où tu te trouves. Tu m’avais parlé d’un grand hangar ; en fait c’est un ancien hangar, oui, mais qui abritait des serveurs informatiques. Pas de quoi s’inquiéter. »

Rappel

Ce n’est pas une bataille d’interprétations, ni un jeu d’ego.

Le Décrypteur ne dément pas l’Explorateur : il reformule avec autorité tranquille.

Votre pouvoir, c’est de donner du sens, d’ancrer l’exploration dans une réalité reconstruite, et d’offrir des clés de compréhension… même factices.

Les règles du jeu

Préparation

Placez sur la table les différentes piles de cartes face cachée : Lieux, Phénomènes, Objets, Créatures, Rencontres, Événements, Détournement, Résistance.

Choisissez votre rôle : Décrypteur ou Explorateur. Si vous êtes plus de deux joueurs, ajoutez simplement des Décrypteurs et des Explorateurs. — ça fera une joyeuse cacophonie d’anomalies incroyables et d’explications saugrenues !

Lisez ensuite à haute voix la mise en situation.

Tour de jeu

  1. Le Décrypteur pioche une carte Jargon Jutsu : elle définit le rôle interprétatif qu’il adoptera jusqu’à la fin de la partie.
  2. L’Explorateur pioche une carte Résistance, qu’il pourra jouer à tout moment de la partie, puis une carte Lieu. Il l’observe en silence sans la dévoiler au Décrypteur. Il peut prendre tout le temps qu’il veut et il peut même fermer les yeux pour favoriser son immersion mentale.
  3. Le Décrypteur demande à l’Explorateur s’il est bien arrivé sur les lieux et ce qu’il voit. La partie commence.
  4. L’Explorateur décrit à haute voix ce qu’il voit, entend, ressent, mais s’abstient de dire où il pense qu’il est — c’est au décrypteur de le lui dire, de le deviner, même s’il tombe complètement à côté de la représentation graphique de la carte ou du descriptif sensoriel que vous lui donnez.
  5. Le Décrypteur peut poser des questions pour aider l’Explorateur à décrire plus précisément la scène et mieux comprendre l’environnement.
  6. Le Décrypteur encourage l’explorateur à continuer l’exploration en attirant son attention vers un point particulier.
  7. L’explorateur pioche alors une carte Anomalie de son choix (parmi Créatures, Événements, Objets, Phénomènes, Rencontres) : l’anomalie doit être intégrée de manière progressive dans la description du lieu, en douceur, comme si tout était normal au début, mais avec des détails qui s’ajoutent peu à peu.
  8. Le décrypteur peut poser des questions pour mieux comprendre cette anomalie. Puis,  il tente de « normaliser » cette soi-disant anomalie : l’objectif du décrypteur est d’introduire une explication logique mais farfelue, conforme à sa carte Jargon Jutsu. La seule règle qu’il doit respectée est d’être convaincant·e. Il peut utiliser des cartes détournements, faire des liens avec des événements passés, etc.
  9. Le Décrypteur suggère une nouvelle direction à l’explorateur et le tour se poursuit, soit en restant dans le même lieu, soit en tirant une nouvelle carte lieu que l’explorateur devra introduire. Dans les deux cas, une nouvelle carte anomalie sera tirée.
  10. La partie se termine au bout de 6, 8, 10 voire 12 anomalies, quel que soit le nombre de cartes lieux parcourus. Vous devez alors décider comment se termine votre aventure, en opérant un choix stratégique décisif, entre dix possibilités, et accédez ainsi à l’une des fins.

Cartes spéciales

  1. À tout moment, le Décrypteur peut décider de ne pas normaliser une anomalie, en déclarant qu’il joue une carte Détournement. Il ne la voit pas : c’est l’Explorateur qui doit la piocher et l’appliquer. Dans ce cas, l’Explorateur abandonne sa demande d’explication, et poursuit son exploration en tenant compte de la carte Détournement.
  2. À tout moment, l’Explorateur peut utiliser une carte Résistance dont il est le seul à avoir connaissance, afin d’obtenir une agentivité active dans l’exploration. Ce type de carte peut parfois être utile en cas de Détournement…

Exemple

L’explorateur : « Je crois que je suis arrivé à l’endroit indiqué… Je suis dehors : je vois le ciel, mais il fait plutôt sombre. Tout est gris… Je vois des grands bâtiments gris autour de moi. Il y en a un qui est immense, avec plein de fenêtres rectangulaires parfaitement alignées, sans garde-corps ni volets. Je ne vois pas à travers les vitres… Le sol est constitué de petits pavés et je ne vois rien d’autre que du béton, des bâtiments et du gris sombre partout… »

Le décrypteur : « Oui, des signaux que j’ai et de ce que tu me décris, tu es dans une rue. Tu ne vois pas à travers les fenêtres, parce qu’elles sont pleines de poussière. Il s’agit certainement d’une usine ; tu dois être dans une zone industrielle. Tout va bien jusque là, rien d’anormal. »

L’explorateur : « Je vois quelque chose au bout de la rue… Ce n’est pas très loin, et pourtant je n’arrive pas le voir, comme si tout était flou. Je vois une forme, à peut-être deux mètres de moi, elle est sombre et je n’arrive pas à l’identifier… »

Le décrypteur : « Tu es dans la rue et tu as dit qu’il faisait gris : il doit y avoir du brouillard., beaucoup de brouillard. C’est pour ça, approche-toi : c’est sûrement un objet quelconque comme une poubelle. »

L’explorateur : « Oui, tu as raison. Je n’avais pas réfléchi, mais maintenant que tu le dis, je vois parfaitement le brouillard, c’est à cause de lui que je ne vois rien… Et le sol est si humide, j’ai l’impression d’être trempé. Mes vêtements, mon visage… C’est très désagréable. Bon, je m’approche… Wow ! Il se passe vraiment quelque chose d’anormal.

Le décrypteur : « Hé ça va ? T’es avec moi ? Qu’est-ce qu’il se passe ? »

L’explorateur : « Oui, oui… Je… C’est vraiment… La chose recule ! Elle était à seulement deux mètres de moi, j’en suis sûr ! Et maintenant, elle a reculé. Plus j’avance, et plus elle recule. »

Le décrypteur : « C’est peut-être quelqu’un ou un chien errant, mais pas une « chose » si ça se déplace. »

L’explorateur : « Je suis sûr qu’il s’agit d’un objet : une sorte de grand rectangle, avec des angles droits, cubiques. Et il ne se déplace pas comme une créature vivante, en marchant, là je te parle d’un objet qui recule comme sur des rails ! Il recule chaque fois que j’avance, il s’arrête si je m’arrête et… Oh mon dieu ! Il re-avance si je recule ! C’est incroyable. »

Le décrypteur : À vous de trouver (ou d’inventer) une explication convaincante, selon votre carte Jargon Jutsu, ou selon votre humeur imaginative… Faites preuve de délire imaginatif et trouvez l’explication la plus dingue, martelée avec une assurance exagérée !

Version « vrai génie scientifique »

« Oh, c’est marrant. Ce que tu vois est un phénomène bien documenté dans les conditions de brouillard dense combiné à une lumière ambiante faible : une illusion de parallaxe.
En gros, ton cerveau tente de calculer la distance et le mouvement d’un objet fixe en se basant sur des repères visuels flous et contradictoires. Comme l’objet n’a pas d’ombre nette, pas de contours précis, et que tout ton environnement est uniforme, ton système visuel perd ses points d’ancrage.
Résultat : t’as l’impression que l’objet se déplace relativement à toi, alors qu’il est immobile.
En plus, dans un environnement brumeux ou très sombre, ton cerveau peut même remplir les blancs avec des micro-mouvements supposés, interprétés comme une fuite ou une réaction. C’est le même principe que les illusions où une image fixe semble bouger, mais en 3D et dans le brouillard.
Rien d’étrange quoi : juste ton cerveau qui flippe un peu. »

Version « j’ai vu une vidéo là-dessus, un jour »

« Ah, je comprends mieux maintenant ! C’est un effet de « mouvement parallèle », qu’on appelle ça ; ça arrive tout le temps dans les zones où l’humidité dépasse les 80 %.
Tu vois, c’est à cause du brouillard : l’humidité sature l’air, du coup la lumière se diffuse n’importe comment, et ton cerveau il capte plus les distances comme il faut. Résultat : t’as l’impression que l’objet bouge avec toi, mais en fait c’est ton propre mouvement qui déplace l’horizon optique, ou un truc du genre.
C’est pareil que quand t’as l’impression que la Lune te suit en voiture, tu vois ? Ben là, c’est le cube qui fait le coup.
Et puis, faut pas oublier que certains matériaux – genre le béton composite ou le plastique industriel – ils renvoient pas la lumière pareil selon l’angle. T’ajoutes ça à la condensation sur tes lunettes (même si t’en as pas), et paf ! Illusion de mouvement.
T’inquiète, c’est juste une illusion d’optique à cause du brouillard. Rien de surnaturel. Avance tranquille. »

Version « coach bien-être psychanalysant »

« Ce que tu ressens, c’est ton champ énergétique inversé qui se heurte à une zone de flux résistif. L’objet reflète ton intention d’avancer, mais ton inconscient veut rester en sécurité, donc tu projettes un recul symbolique. C’est pas l’objet qui bouge, c’est ton lien au réel qui vibre. Respire à fond par le ventre, centre-toi sur ton chakra du déplacement, et remercie l’objet pour cette expérience miroir. »

Version « vieux tonton complotiste »

« Ah ben, là, gamin, tu viens de tomber sur un truc qu’on voit pas souvent. J’ai déjà vécu ça moi, une fois, en 86, à la foire agricole de Villeneuve-les-Deux-Puits. Ce que t’as là, c’est un dispositif d’occultation mobile. J’le sais parce que moi, j’ai un copain qui bossait pour le cadastre — pas celui qu’on connaît, hein, l’autre.
C’est des cubes, comme tu dis, qu’ils mettent dans certaines zones pour brouiller la perception. Ils sont pas fixes, ils bougent un poil, juste ce qu’il faut pour que tu crois que c’est toi qui dérailles. Et avec le brouillard, hop, ni vu ni connu.
C’est pas du brouillard naturel, d’ailleurs. C’est des aérosols de dissimulation. Y’en avait plein dans les années 90, à cause des essais de stockage de données optiques atmosphériques.
Bon. T’approches pas trop. Si tu t’en approches trop, le cube t’enregistre. Et s’il t’enregistre, tu peux être dupliqué. Moi j’dis ça, j’dis rien. Mais mets du papier d’alu dans ta capuche, au moins. Juste au cas où. »

Version « technicien anticapitaliste »

« Hé bah voilà ! Pfff, encore tous les signes de la dégénérescence de notre société moderne. T’es en plein dans un smog à cause d’une usine qui se fiche royalement de rejeter des kilo de Co2, de polluants éternels et de microparticules fines ultra toxiques ! Et ce que tu vois, qui recule ou avance, c’est certainement un chariot de maintenance sur rails, ou sur tapis, qui est en train de faire bosser des pauvres employés sous payés dans ce gaz aérien mortifère !! Voilà l’anomalie : des entreprises qui bousillent tout et des humains esclaves qui bossent sous le joug d’une machinerie infernale ! »

Version « illuminé du marché »

« Wow ! Ça c’est beau, c’est le top de l’industrialisation performante : un transport autonome hyper précis qui recule ou avance à la demande quel que soit les intempéries climatiques. Voilà ce qu’il faut au transport logistique ! Pas des employés râleurs et fainéants qui refusent de travailler dehors s’il fait pas exactement 20 degrés et s’ils ont pas une pause de 30 minutes toutes les 5 minutes ! Bref, rien d’anormal, juste les rails du progrès révolutionnaire qui roulent parfaitement bien. »

Version « système limbique »

« Nan, t’es sérieux là ? Olala, arrête-toi tout de suite : c’est clairement pas normal. Y a un truc louche, là. Carrément louche… T’imagine si c’est un chariot hanté ? Ou pire : un piège extraterrestre… En tout cas, c’est sûr c’est un piège. Le brouillard qui bloque la vue, le truc qui avance et recule tout seul pour t’attirer à lui, dans ce brouillard épais où tu vas disparaître à jamais parce qu’il y a quelque chose de tapie à l’intérieur. Il attend juste que tu t’approches doucement… Attiré par le chariot… Et là… BOUM ! C’est la fin. »

Version « fabulateur cosmique »

« Mais c’est tout à fait normal ! Quand il y a trop de brouillard, les cubes réagissent toujours de cette façon. Comme ils ont peur que tu ne les vois pas et que tu leur fonces dedans, ils reculent si t’avances pour pas que tu te fasses mal. Mais s’ils voient que tu recules, alors ils reviennent à leur position initiale. Ils peuvent même te suivre, parce que ce genre de cube c’est toujours très curieux avec les humains. Ils nous trouvent bizarres et aiment bien nous observer. Mais ils ne sont pas méchants, t’as vraiment rien à craindre. »